« T'apprends, tu fais vivre l'asso, et en plus c'est kiffant, c'est les trois motifs de base. »

PORTRAIT
UCPA

Alicia a découvert la navigation en faisant un premier stage UCPA à Montpellier. Depuis, elle enchaîne les niveaux, a décroché son CQP, et a consacré l'équivalent d'un mois de son temps libre à la maintenance des voiliers entre Toulon et Lorient. Infirmière remplaçante, elle jongle avec les horaires décalés et les longues parenthèses hors travail. La voile, c'est sa bouffée d'air. La maintenance, c'est une façon d'en faire partie autrement.


Tu as fait plusieurs semaines de maintenance à Toulon et à Lorient. Qu'est-ce qui t'a poussé à y consacrer autant de temps ?

La motivation principale, c'était juste d'être sur les pontons et sur les bateaux. C'est un vrai sas par rapport à mon boulot d'infirmière. Et puis, j'aime les gens que je retrouve là-bas, à Toulon c'était Sylvie, la chef de base, et Clément, qui étaient vraiment des potes. Et en même temps, c'est un apprentissage. La mécanique, les winchs, les vérins, les drosses, ça me fait kiffer. Donc c'était les deux à la fois, être utile à l'asso et apprendre des trucs concrets sur les bateaux.


Concrètement, qu'est-ce qu'on fait pendant une semaine de maintenance ?

C'est extrêmement varié. J'ai fait de l'entretien moteur, de la vidange, du carénage, de l'époxy, du gelcoat, changer des anodes, remettre une hélice. J'ai aussi fait des inventaires de matériel, pharmacie, pyrotechnie, dates de péremption. Des grands ménages en profondeur. Dégréer et regréer des voiles, remplacer des filières, des chandeliers, recoudre des bouées. Changer une drosse de barre. Il y a des semaines plus enrichissantes que d'autres selon ce qu'il y a à faire, mais globalement, tout ce qu'il y a à faire sur un bateau, je l'ai fait.


Est-ce que ça a changé ta façon d'encadrer des stages ?

Oui, ça sécurise. Je sais comment c'est fichu à l'intérieur d'un bateau, les coins, les recoins, le secteur de barre, les drosses. Si un jour ça pète en navigation, je suis à l'aise. Et puis ça apporte de la pédagogie. J'ai déjà démonté un winch pendant un stage pour montrer à des stagiaires comment c'était foutu à l'intérieur. Ça les a occupés une demi-heure et ça les a fait marrer. Avant d'avoir fait de la maintenance, je n'aurais pas pu faire ça.


Tu parles d'un 'droit de consommer les bateaux', c'est une notion importante pour toi ?

Oui, vraiment. On est une association, si les bénévoles ne font pas vivre la structure, c'est plus compliqué pour tout le monde. Et au-delà du bénévolat pur, il y a aussi une responsabilité individuelle de chaque chef de bord dans l'usage des bateaux. Quand t'as pété un chandelier pendant la semaine, prendre une heure pour le changer avant de repartir, ça ne te prend pas quatre heures. Pareil pour recoudre le lazy ou faire un petit pet de Gelcoat. Ce n'est pas une obligation de venir faire une semaine entière mais a minima, respecter l'outil qu'on utilise.


Un mot pour un bénévole qui hésiterait à se lancer ?

C'est une chouette façon d'être en bateau autrement. Tu prends soin de ces voiliers que tout le monde utilise, tu apprends comment ils sont construits, tu es en équipe. Et tu es logé sur le bateau, tu fais ta petite vie, tu te balades, tu profites de la ville. Pour moi, à Toulon, c'était vraiment des semaines de vacances actives. Alors oui, il y a des phases moins fun, frotter des ponts sous la pluie en novembre à Lorient, c'est pas le même délire. Mais même ça, ça fait partie du jeu. Et ça rapproche les gens !