On ne sait pas trop à quand remonte la première idée du snowboard. Déjà en 1920 le concept avait été initié puisque l’on a retrouvé une planche avec des sangles montées en travers permettant de glisser sur la neige.

De sources plus ou moins sûres !

1965 : un homme, Sherman POPPEN, invente le snurf (surf plus snow). C'est une planche sans carres ni fixations, spatulée avec une ficelle partant du nose et que l’on tenait dans la main. Cet engin arrivera bien plus tard en France sous le nom de ski board.

1969 : trois bonhommes américains suivent le « délire »

  • Jack BURTON qui donnera son nom à sa marque ; Il vient de la côte Ouest et est un ancien skieur.
  • Tom SIMS (de la marque Sims). Lui est skateur. La neige tombée en Californie l'aurait empêché de skater et lui en aurait donné l’idée.
  • Dimitri MILOVITCH surfeur d’eau de la cote Est, il ne laisse pas son nom à une marque mais c’est l’inventeur et le créateur de Winterstick. La forme swallow reste toujours de nos jours le meilleur concept pour la dite poudreuse (seul problème : le talon casse sur les jumps !). Milovitch déposera un brevet en 1971 pour le Winterstick : planche légendaire de conception artisanale sans carres dotée de footstraps. La large spatule offre une grosse portance et la queue d’hirondelle à l’arrière une petite ; cela donne à cette planche de gros atouts en poudreuse.

1978 : Burton et Sims commencent l’industrialisation du snowboard

1980 : la forme s’affine et les vraies semelles apparaissent. En France on retiendra tout d’abord 4 noms :

  • Henry AUTHIER (skieur de bosses) amène deux Winterstick des USA suite à une compétition, on est en 1979.
  • Les frère SARAN, deux surfeurs du pays basque, imaginent les snowboards alors que c’est l’apparition du monoski.
  • Et Régis ROLAND ? Moniteur de ski aux Arcs, il découvre le Winterstick qu’Henry AUTHIER a ramené. Et ça lui plait beaucoup ! Il partira même aux USA parler avec MILOSEVITCH de son concept. Régis Roland créera la marque Apocalypse qui deviendra A.Snowboard puis APO Snowboard.

1982 : Les américains en avance sur nous créent la première compétition : l’US snowboarding à Stratton. En France il y a encore peu de monde impliqué dans l’activité. On a quelques bricoleurs, à l’origine skateurs, surfeurs ou skieurs. Henry AUTHIER est aperçu pour une pub des Arcs en 1982.

1983 : C’est le déclic pour beaucoup plus de monde grâce au célèbre film de Didier Lafond avec Régis ROLLAND : Apocalypse snow. L’histoire met en scène un snowboardeur très gentil (c’est Régis) poursuivi par une troupe de très méchants monoskieurs. Ce film aura un gros impact médiatique car il associe le snowboard et le monoski, tous deux inconnus du grand public. C’est certainement grâce à cet ancêtre des « nuits de la glisse » que le snowboard est devenu ce qu’il est.

1984 : Les premiers snowboards commercialisés avec des carres apparaissent (BURTON). Les fixations évoluent : « high back » (SIMS). C’est la première version du spoiler.

1985 : En France on est toujours en retard, mais ça commence à bouger, les moniteurs de l’UCPA des Contamines proposent les premiers stages avec des planches artisanales.

Hiver 86 / 87 : Le premier Team snowboard est créé en France par des moniteurs de ski de l¹UCPA. Ils ont un budget pour s¹entraîner l¹automne sur le glacier de Tignes et leur temps de travail est organisé par rapport aux compétitions. Ce Team participe aux premières courses nationales et internationales : François Pottecher dit « Potpot » gagne une coupe du monde en slalom (1989). Stéphane Radiguet dit "Zag" (fondateur des skis Zag) en fait aussi partie et gagne le championnat de France de snowboard en 89.

1987 : Deux tendances commencent à apparaître : l’alpin et le freestyle.

  • L’alpin, fait pour la courbe, nécessite :
    L Précision du pied, grâce à une chaussure rigide (au début les chaussures de skis).
    L Anticipation du haut du corps d’où les angles donnés aux fixations.
    L Anticipation du haut du corps d’où les angles donnés Planches plus rigides.
    L Anticipation du haut du corps d’où les angles donnés Les planches se spécialisent par rapport aux disciplines (Slalom, Géant)
  • Le freestyle : les premières planches sortent en 1987, elles sont principalement conçues pour les jumps.
    L Anticipation du haut du corps d’où les angles donnés Chaussures souples qui facilitent les grabs.
    L Anticipation du haut du corps d’où les angles donnés Planches bi spatulées pour glisser dans les deux sens d’où l’angle des fixations.

Les premières courses Françaises voient le jour : championnat de France à Luz Ardiden (Pyrénées), à Châtel (Haute Savoie).

La même année, l’AFS (Association Française de Snowboard) est créée par des snowboarders .

1989 : Premiers championnat et coupe du monde


Plusieurs disciplines sont en compétition :

  • Alpin : slalom, slalom parallèle, géant, géant parallèle, super géant (seulement aux USA)
  • Free-Style : half-pipe, big air, contest free style

Les disciplines du ski sont copiées, on retrouve le snowboard extrême, les ‘’derby’’, le Kilomètre Lancé (Daren Powel, Australien, atteint 201 Km/h en 1999).
Depuis les années 96 – 97 une nouvelle tendance : le Free Ride.
De nouvelles disciplines apparaissent : le Boarder Cross, le Dual slalom.

1998 : Le snowboard devient olympique, représenté par le géant et le half-pipe. Karine Ruby et Ross Rébagliatthi sont les vainqueurs en géant. Le boycott de Terje Haakonsen en half-pipe aura pour effet de dévaloriser la discipline (Burton dira même que le meilleur second mondial gagne … !)

Le snowboard n’aurait-il pas contribué aussi à l’élaboration de certains sports ? Ainsi le skwal et le wake-board ont vu le jour. Le retour du skate-board avec entre autres, le long-board est certainement aussi une conséquence du snowboard. Il a aussi permis au ski de connaître une véritable révolution (le parabolique) et a apporté un renouveau à l’état d’esprit (ski New School / FreeStyle)

Considéré comme une mode à ses débuts, le snowboard aujourd’hui un sport à part entière. Beaucoup d’argent gravite autour. Les vêtements se sont spécialisés et il existe de nombreuses marques que l’on peut classer par catégories :

  • les pionniers : ils ont cru à ce sport dès le début (Burton / Sims / Nitro / Hot / Nidecker / A-Snowboard …)
  • les fabricants de ski : l’importance du marché et leur « savoir faire » les a motivés Rossignol / Salomon / Head / Dynastar - Original Sin / Atomic – Oxygen …)
  • les fabricants de skate (Sims / Santa Cruz / Air Walk …)
  • les fabricants de surf et de planche à voile (F2 / Quicksilver / Oxbow )
  • les passionnés : ils conçoivent des planches artisanales (Swellpanik …)

Les tendances actuelles :

En France, le surf alpin a presque disparu. On compte très peu de pratiquants. Il s’agit essentiellement de compétiteurs (slalom, géant et certains en boarder cross) et de quelques personnes ayant connu le snow il y a au moins une quinzaine d’années. Cela devient donc difficile de trouver du matos, les marques ayant presque toutes lâché le marché.

Le snowboard ne se pratique donc quasiment plus que sur des boards doubles spatules, typées free style, free ride. Les chaussures utilisées sont les boots. C’est certainement le confort de la chaussure et le côté plus ludique, moins technique et moins physique qui ont contribué à l’évolution vers ce style d’engin. Il faut dire que les fabricants ont énormément amélioré leur matériel (planche, fix, boots) ; Même s’il y a de la spécificité, ce sont des snows très polyvalents qui permettent de tout faire, aussi bien du coupé, que du free style ou de la poudre.
Le free style et le free ride ont pris une part importante du marché. Toutes les vidéos proposent uniquement des jumps, des grinds et de la poudreuse. Les jeunes sont très attirés par ces disciplines. Le free style est peut-être le plus pratiqué ; la tendance est dans les sauts : en snow, ski, vélo, moto, skate, scooter des neiges, kite… Les marques suivent évidemment l’évolution avec les snow skates, les planches twin tip ou les miniboards (construites pour les grinds). Le free ride, quant à lui, attire de plus en plus. C’est certainement son côté évasion et retour à l’environnement. Là aussi, les marques suivent et s’engagent (pas toutes !) pour le respect de l’environnement (Rossignol Respect, Mountain Riders…).